Bac 2026 : fini les cadeaux ! Notation, orthographe et rattrapage durcis

Le temps de la bienveillance systématique est révolu. Ce n’est pas un simple ajustement technique que vient d’acter le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, mais un véritable changement de philosophie pour l’examen emblématique de la fin du lycée. Le décret publié le 5 décembre 2025 enterre officiellement les « arrangements » de fin d’année. Avec un taux de réussite qui plafonne à 91,9 % en 2025, le diplôme souffrait d’une crise de légitimité. Pour la session de juin 2026, les règles se durcissent drastiquement : fin du repêchage sous 8/20, bonus du jury réduits à peau de chagrin et retour de l’exigence orthographique.
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Le couperet du 8/20 : la fin des « miraculés » du rattrapage

Jusqu’à présent, une zone de flou artistique régnait lors des délibérations. Un candidat affichant une moyenne de 7,80/20 pouvait, grâce à la clémence d’un jury, voir sa note « arrondie » à 8/20, lui ouvrant ainsi les portes des épreuves orales du second groupe. C’est ce mécanisme que le ministère a décidé de verrouiller à double tour.

Désormais, la règle est mathématique : « Aucun repêchage ne sera possible en dessous de 8/20 ». Le message est brutal mais clair : on ne négocie plus l’accès à la seconde chance. Si la moyenne s’arrête à 7,99, l’échec est définitif. Cette mesure vise à supprimer les distorsions entre les jurys « généreux » et les « sévères ». L’objectif affiché par Édouard Geffray est la crédibilité territoriale du diplôme : « Un 14/20 à Brest doit valoir la même chose qu’à Strasbourg, Marseille ou Pointe-à-Pitre ».

Les points de jury : du « coup de pouce » au simple ajustement

Le deuxième volet de ce tour de vis concerne les « points de jury ». Ces points bonus étaient traditionnellement utilisés pour faire basculer un dossier, parfois de manière spectaculaire (plus de 100 points pouvaient être « offerts » dans certains cas extrêmes par le passé).

Dès 2026, ce pouvoir discrétionnaire est strictement encadré :

  • Le plafond : Le jury ne pourra accorder que 50 points maximum au total.
  • L’impact réel : Cela représente une augmentation maximale de 0,5 point sur la moyenne générale.

Concrètement, cela change tout pour les mentions. Un élève ayant 11,4/20 ne pourra plus espérer décrocher la mention « Assez Bien » (12/20) par la seule grâce de son assiduité ou de ses appréciations. Il devra aller chercher les points « à la régulière ».

Que disent les chiffres ?

Selon une note de la Depp (le service statistique du ministère) publiée début décembre, l’impact sera réel mais ciblé. En 2025 :

  • 1,7 % des bacheliers généraux ont eu leur diplôme grâce à ces points.
  • 3,4 % des bacheliers technologiques ont été sauvés par ce mécanisme.
  • Mais surtout, 6,7 % des candidats ont obtenu une mention grâce à ce bonus.

C’est donc la « mention de complaisance » qui est la première victime de cette réforme.

Orthographe et syntaxe : la contre-attaque face à un niveau jugé « catastrophique »

C’est le point qui suscite les débats les plus vifs. Le ministre a donné une consigne d’exigence absolue : une copie dont la syntaxe ou l’orthographe rend le propos inintelligible ne pourra plus obtenir la moyenne (10/20), quelle que soit la pertinence du fond.

Cette décision ne sort pas de nulle part. Elle fait écho à une exaspération croissante du monde professionnel et de l’enseignement supérieur. Sur RMC, des intervenants ont dressé un constat alarmant sur la génération 20-25 ans, évoquant des stagiaires bac+5 incapables de rédiger un courriel sans faute ou des étudiants qui demandent « C’est qui ces bouffons ? » en entendant les noms de Victor Hugo et Verlaine.

L’utilisation massive des écrans, des tablettes et de l’intelligence artificielle (ChatGPT) est pointée du doigt comme facteur de cette « paresse intellectuelle ». En sanctionnant la forme, le ministère tente de revaloriser la maîtrise fondamentale de la langue française, notamment dans les épreuves de dissertation (Philosophie, Français, Histoire, HGGSP).

Tableau de synthèse : l’avant/après réforme

Pour bien comprendre le changement de paradigme, voici les évolutions techniques précises :

DispositifJusqu’en 2025 (Ancien système)Dès 2026 (Nouveau système)
Seuil de rattrapageOfficiellement 8/20, mais repêchage officieux courant pour les notes entre 7,8 et 8.Strictement 8/20. Verrouillage informatique probable.
Points de jury (Bonus)Illimités en théorie. Permettaient de gagner plus d’un point de moyenne.Plafonnés à 50 points (soit +0,5 point de moyenne max).
Qualité de la langueBienveillance demandée, pénalités souvent symboliques.Clause éliminatoire : pas de moyenne pour une copie « déplorable » en syntaxe.
PhilosophieNotation souvent harmonisée à la hausse.Consignes d’exigence renforcées.

Au-delà des notes : sécurité et cadre de vie scolaire

Cette réforme du Bac s’inscrit dans un contexte plus large de reprise en main de l’institution scolaire. En marge des annonces sur la notation, Édouard Geffray a évoqué d’autres pistes de durcissement qui touchent à la vie quotidienne des lycéens et à leur sécurité :

  • Téléphones portables : Le gouvernement souhaite inciter les lycées à interdire totalement les smartphones, une mesure déjà en vigueur au collège (« pause numérique »).
  • Contrôle des encadrants : Suite à des affaires d’agressions sexuelles, le ministre souhaite que le « contrôle d’honorabilité » (vérification du casier judiciaire B2) des professeurs et intervenants ne se fasse plus uniquement à l’embauche, mais soit renouvelé tous les 2, 3 ou 4 ans tout au long de la carrière.

Le calendrier officiel de la session 2026

Malgré ces bouleversements réglementaires, l’architecture temporelle de l’examen reste stable. Voici les dates à cocher dans vos agendas :

Pour les Premières :

  • Jeudi 11 juin 2026 : Écrit de Français.
  • Vendredi 12 juin 2026 : Épreuve anticipée de Mathématiques (pour ceux qui ne suivent pas la spécialité).

Pour les Terminales :

  • Lundi 15 juin 2026 : Philosophie (coup d’envoi traditionnel).
  • Du 16 au 18 juin 2026 : Épreuves de spécialités.
  • Du 22 juin au 1er juillet 2026 : Grand Oral.

L’analyse : le pari risqué de « la valeur du diplôme »

En durcissant le bac, le gouvernement prend le risque politique de voir le taux de réussite baisser mécaniquement en juillet 2026. C’est un choix assumé : préférer un diplôme plus sélectif mais respecté, plutôt qu’un taux de 95 % qui ne convainc plus les recruteurs. Reste une inconnue majeure : comment cette exigence orthographique sera-t-elle appliquée uniformément par des correcteurs humains, sans créer de nouvelles injustices entre les élèves corrigés « à l’ancienne » et ceux tombant sur des correcteurs intransigeants ?

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