Le casting de l’impossible : entre Tinder et entretien d’embauche
Oubliez le romantisme à l’anglaise façon Bridgerton. Ici, on parle business. Propriétaire d’un domaine de 526 hectares dans le sud-ouest de l’Angleterre, Sir Benjamin Slade ne cherche pas l’âme sœur, mais une mère pour son futur héritier. Et pour attirer les candidates, il sort l’artillerie lourde financière.
L’heureuse élue se verra offrir une allocation mensuelle de 50 000 livres sterling (environ 57 000 euros), logée et nourrie au manoir. Une somme astronomique censée compenser un cahier des charges d’une exigence rare. Le baronnet, qui écume les plateaux télé et les sites de rencontres, a une vision très précise de la candidate idéale. Elle doit avoir entre 30 et 40 ans de moins que lui, mais ce n’est que le début des festivités.
Pas de Scorpions, pas de lectrices du Guardian
Si vous pensiez que vos critères sur les applis de rencontre étaient stricts, attendez de voir ceux du baronnet. La liste des « red flags » selon Benjamin Slade est un mélange improbable de superstition, de politique et de géopolitique de comptoir. Pour espérer devenir Lady Slade, voici ce qu’il faut — et ne faut surtout pas — être :
- Signe astrologique : Les Scorpions sont bannies.
- Politique : Interdiction formelle de lire le Guardian (quotidien marqué à gauche/centre-gauche).
- Nationalité : Pas d’Irlandaises. Plus étrange encore : il refuse les candidates venant de pays dont le nom commence par « I » ou dont le drapeau contient du vert.
- Compétences requises : Avoir un permis de conduire, un permis de chasse et, idéalement, savoir piloter un hélicoptère.
- Taille : Mesurer moins d’1m67.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’aristocrate précise qu’il préfère une femme déjà riche. « Un peu de capital et des revenus seraient bien vus. Une grande fortune serait encore mieux », assume-t-il.
« Je veux un fils » : l’obsession de l’héritier
Derrière ce casting burlesque se cache une obsession patriarcale très sérieuse : la transmission du nom. Sir Benjamin Slade veut un garçon, et rien d’autre. Il affirme d’ailleurs sans complexe avoir « neuf mois de réserve dans une banque de sperme » et se dit tout à fait capable de procréer malgré son âge avancé.
Sa vision de la femme est, disons-le, utilitaire. Interrogé sur sa quête de jeunesse, il a gratifié les médias d’une comparaison douteuse :
« Si vous voulez une nouvelle voiture, vous achetez une voiture neuve, pas une vieille bagnole. »
Un passé qui ne rassure pas

Avant de postuler pour les 57 000 euros par mois, il est bon de jeter un œil au CV sentimental et managérial du bonhomme. Car le tableau est loin d’être idyllique. Sir Benjamin a déjà été marié, une union qui s’est soldée par un divorce en 1991 parce qu’il ne supportait pas les 17 chats de son ex-femme.
Plus inquiétant pour celle qui voudrait fonder une famille avec lui : il a déjà une fille, née en 2021 d’une FIV avec une poétesse américaine. Résultat ? Il a annulé le mariage à deux reprises et n’a aujourd’hui plus aucun contact avec l’enfant ni la mère. Son ex-compagne s’étonne d’ailleurs qu’il « parle encore de vouloir des enfants » après cet échec familial.
Enfin, notez que l’homme a été condamné par un tribunal en 2021 pour avoir licencié deux employées… parce qu’elles étaient tombées enceintes. Une ironie mordante pour celui qui cherche désespérément une « reproductrice ».








