L’ultime safari d’Ernie Dosio le célèbre chasseur tué par des éléphants

Le monde de la chasse aux trophées est en état de choc après la mort brutale d’Ernie Dosio, un riche exploitant viticole californien de 75 ans. Ce qui devait être une expédition de prestige dans la forêt de la Lopé-Okanda, au Gabon, a viré au drame tragique vendredi dernier, marquant une nouvelle fois les limites de l’intervention humaine dans les écosystèmes sauvages.
ernie dosio

Une expédition à haut risque qui tourne mal

Ernie Dosio, figure bien connue du Sacramento Safari Club, ne voyageait pas en terrain inconnu. Habitué des safaris internationaux, il avait déboursé 40 000 dollars pour traquer le céphalophe à dos jaune, une antilope rare. Mais dans la forêt dense du Gabon, le chasseur est passé de prédateur à victime en quelques secondes.

Alors qu’il progressait avec son guide professionnel, le duo est tombé nez à nez avec un groupe de cinq éléphantes accompagnées d’un petit. Dans la nature sauvage, la protection de la progéniture est une règle absolue. Surprise par la présence des hommes, la harde n’a pas hésité. Les éléphantes, pesant chacune plusieurs tonnes, ont chargé avec une violence fulgurante. Si le guide a survécu malgré de graves blessures, Ernie Dosio n’a pas eu cette chance, succombant à ses blessures sur place.

  • Âge de la victime : 75 ans
  • Lieu : Forêt de la Lopé-Okanda, Gabon
  • Coût du safari : Environ 40 000 dollars
  • Espèce visée : Céphalophe à dos jaune
  • Victimes : Le chasseur (décédé) et son guide (grièvement blessé)

Qui était vraiment Ernie Dosio ?

ernie dosio mort

Au-delà de son passe-temps controversé, Ernie Dosio était un pilier de la communauté de Lodi, en Californie. Propriétaire de Pacific AgriLands Inc, il gérait des milliers d’hectares de vignobles et finançait des services aux producteurs de vin. Pour beaucoup de ses proches, cette image de « tueur d’animaux » contrastait avec celle d’un philanthrope généreux.

« Ernie était quelqu’un de bien. Il aidait toujours ceux qui en avaient besoin, qu’il s’agisse d’anciens combattants, de personnes handicapées ou d’enfants défavorisés. Sa mort a fait l’effet d’une bombe ici », confie un ami proche de la famille.

Collectionneur boulimique, il exposait fièrement les trophées de ses chasses à travers l’Afrique et les États-Unis dans une salle dédiée. Pour ses partisans, ces actes étaient des « chasses de conservation » nécessaires à la régulation des espèces. Pour ses détracteurs, c’était le symbole d’une élite fortunée achetant le droit de supprimer la vie sauvage pour son propre plaisir.

Le Gabon : un théâtre de tensions écologiques

Cet accident relance inévitablement le débat sur la chasse aux trophées en Afrique. Le Gabon abrite 60 % de la population mondiale des éléphants de forêt, une espèce gravement menacée. Si le pays autorise certains safaris sous licence pour financer la protection de la biodiversité, la cohabitation entre les chasseurs et ces pachydermes de plus en plus imprévisibles devient une équation périlleuse.

Les experts s’accordent sur un point : la multiplication des rencontres fatales ces dernières années, comme celle d’un autre millionnaire tué par un buffle en Afrique du Sud l’an dernier, montre que la « chasse contrôlée » comporte toujours une part d’imprévisibilité totale. Face à des animaux sauvages, l’argent et les permis de chasse ne pèsent rien.

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