Taha O. est né en 2002 à Oujda, au Maroc, et est arrivé en France en 2019 via l’Espagne, à l’âge de 17 ans. Très rapidement après son arrivée, il s’illustre par des comportements criminels. En septembre 2019, il est accusé d’avoir violé une femme de 23 ans dans un bois à Taverny, dans le Val-d’Oise. Ce crime le conduit en prison, où il est condamné à sept ans de réclusion par la cour d’assises des mineurs en octobre 2021.
En détention à Joux-la-Ville, dans l’Yonne, il bénéficie de remises de peine automatiques en raison de son comportement sans accrocs en prison. Ainsi, après seulement cinq ans derrière les barreaux, il est libéré en juin 2024.
À sa sortie de prison, la justice française prononce contre lui une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Pour renvoyer Taha O. au Maroc, un laissez-passer consulaire est nécessaire, mais le document administratif tarde à être délivré par les autorités marocaines. Durant ce laps de temps, Taha O. est transféré au centre de rétention administrative (CRA) de Metz. Faute de laissez-passer dans les temps, il est libéré par un juge le 3 septembre, avec une obligation de pointage régulier.
Le document permettant son expulsion arrive ironiquement le lendemain de sa libération, le 4 septembre, mais Taha O. ne se présente jamais pour pointer au commissariat. Le 19 septembre, il est inscrit au fichier des personnes recherchées, mais il est trop tard : le lendemain, Philippine Le Noir de Carlan est tuée.
Le 20 septembre 2024, Philippine Le Noir de Carlan, étudiante à l’université Paris-Dauphine, est vue pour la dernière fois après avoir quitté le campus pour se rendre chez ses parents. Son corps est retrouvé partiellement enterré dans le bois de Boulogne, quelques jours plus tard, suite à des recherches organisées par sa famille. La jeune femme est morte asphyxiée, et des examens supplémentaires doivent encore éclaircir les circonstances exactes de sa mort.
Les enquêteurs parviennent rapidement à identifier Taha O. comme le principal suspect grâce à plusieurs indices. Son ADN est retrouvé sur la scène de crime, et il utilise la carte bancaire de Philippine à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, quelques heures après le meurtre. De plus, Taha O. rallume son téléphone portable près de la frontière suisse, dans la région d’Annecy, ce qui permet de localiser sa position. Le 24 septembre, il est arrêté par les autorités suisses à la gare de Genève, alors qu’il tente de fuir la France.
Après son arrestation en Suisse, Taha O. est placé en détention provisoire dans l’attente d’une demande d’extradition de la France. Cette procédure peut prendre plusieurs jours, mais tout laisse à penser que Taha O. sera bientôt rapatrié en France pour être jugé dans cette affaire.
L’affaire de Taha O. soulève de nombreuses questions, notamment sur la gestion des OQTF et les failles administratives qui ont conduit à sa libération prématurée. Plusieurs personnalités politiques, dont Valérie Pécresse, ont critiqué la gestion de ce dossier, dénonçant un laxisme administratif. Pour de nombreux observateurs, cette affaire met en lumière les difficultés de l’État à gérer les expulsions de personnes sous le coup d’OQTF, et les conséquences tragiques qui peuvent en découler.