Des métiers bien payés, mais boudés par manque d’info
Les professions dont on va parler ici ont un point commun : elles recrutent, elles peuvent être très bien rémunérées à terme, mais elles n’attirent pas. Pourquoi ? Parce qu’elles sont associées à la pénibilité, à des horaires compliqués, à des risques ou à des images négatives. Pourtant, derrière ces clichés, il y a des conditions de travail encadrées, des primes, une vraie sécurité de l’emploi et, souvent, une forte utilité sociale.
Voici 5 métiers bien payés que personne ne veut faire, mais qui pourraient clairement intéresser ceux qui veulent un job concret, utile… et correctement payé.
1. Éboueur : le pilier invisible de la ville
Le métier d’éboueur
Les éboueurs, ou agents de propreté urbaine, sont indispensables : sans eux, une ville devient vite invivable. Leur mission : collecter les déchets ménagers et encombrants, vider les poubelles, assurer la propreté des rues. Ils travaillent en équipe avec un conducteur de camion-benne, se déplacent de quartier en quartier et gèrent chaque jour des tonnes de déchets.
C’est un métier physique : il faut soulever, tirer, courir parfois derrière le camion, se lever tôt ou travailler de nuit. Il faut aussi accepter de travailler sous la pluie, le froid, la chaleur, et de manipuler des déchets pas toujours glam. Mais la routine n’existe pas vraiment : chaque tournée est différente, et le contact avec les habitants est souvent direct.
Salaire et conditions de travail
Un éboueur commence souvent autour du SMIC, mais ce chiffre ne raconte pas tout. À cela s’ajoutent de nombreuses primes : prime de salissure, de panier, de transport, prime de nuit, etc. Avec l’expérience, les augmentations et les primes, la paie devient vraiment intéressante, surtout dans les grandes villes.
Les horaires décalés permettent aussi de libérer des après-midis ou des matinées, ce qui peut être un avantage pour une vie de famille ou des projets perso. En contrepartie, le métier reste exposé à la pénibilité : risques de blessures, troubles musculo-squelettiques, fatigue liée au rythme.
2. Plombier : très demandé, mais encore sous-estimé
Le métier de plombier
Le métier de plombier, ou plombier-chauffagiste, est un grand classique des métiers bien payés que personne ne veut faire ou presque. On l’imagine plongé dans des canalisations bouchées, alors que le job est bien plus varié : installation de salles de bain, de chaudières, de systèmes de chauffage, rénovation énergétique, dépannage, conseils aux clients…
Le plombier intervient aussi bien chez des particuliers que sur des chantiers neufs ou dans des immeubles. Il doit être à l’aise avec la technique, savoir lire des plans, respecter des normes de sécurité et faire preuve de débrouillardise. C’est un métier manuel, concret, où l’on voit immédiatement le résultat de son travail.
Salaire et conditions de travail
En début de carrière, un plombier salarié démarre souvent autour du SMIC, mais les évolutions sont rapides avec l’expérience. En se mettant à son compte, un plombier peut gagner entre 3000 et 5000 euros par mois, voire davantage selon la région, la spécialisation (chauffage, gaz, rénovation) et la clientèle.
Le revers de la médaille : des horaires irréguliers et des astreintes (dépannage le soir, week-end, jours fériés). Les interventions se font parfois dans des espaces exigus ou sales, avec des risques de coupures, chutes, exposition à des matériaux dangereux. Mais côté job, on est sur un métier en tension : il y a du travail partout, tout le temps.
3. Démineur : un métier bien payé sous haute pression
Le métier de démineur
Le métier de démineur fait partie de ceux qui imposent le respect. Ces spécialistes interviennent pour détecter et neutraliser des explosifs : bombes de la Seconde Guerre mondiale, engins improvisés, colis suspects… Ils peuvent travailler pour l’armée, la police, la gendarmerie ou la sécurité civile.
Le quotidien d’un démineur, ce n’est pas juste des scènes de film : c’est des protocoles ultra stricts, des analyses, des reconnaissances de terrain, des interventions parfois très longues, et une vigilance permanente. Autant dire qu’il faut garder la tête froide.
Salaire et conditions de travail
Un démineur débute autour de 1500 euros brut par mois, mais ce salaire est complété par des primes de risque qui peuvent ajouter plusieurs centaines d’euros, parfois jusqu’à environ 800 euros. En fin de carrière, la rémunération peut dépasser les 2500 euros brut hors primes, avec une stabilité liée au statut (fonction publique, armée…).
Le prix à payer, c’est un niveau de stress très élevé, une grosse responsabilité et des horaires qui ne ressemblent pas à un 9h–17h classique. Les démineurs doivent être disponibles, prêts à intervenir en urgence, et capables de gérer la fatigue autant physique que mentale.
4. Nettoyeur d’écrans de cinéma : un job perché, littéralement
Le métier de nettoyeur d’écrans de cinéma
Parmi les métiers bien payés que personne ne veut faire, celui de nettoyeur d’écrans de cinéma est méconnu. Pourtant, les très grandes salles (type IMAX ou écrans géants) ont besoin de spécialistes capables de nettoyer ces surfaces sans les abîmer.
Le travail consiste à grimper à plusieurs mètres de hauteur, parfois avec du matériel de type cordiste, pour dépoussiérer, retirer des taches, vérifier l’état de la toile. Il faut être minutieux, ne pas avoir le vertige et respecter des procédures très rigoureuses pour ne pas détériorer des équipements qui valent une fortune.
Salaire et conditions de travail
Pour ce type de mission, un nettoyeur d’écrans spécialisé peut atteindre ou dépasser les 4000 euros par mois. Le niveau de rémunération s’explique par la rareté du profil, la technicité des interventions et les risques liés au travail en hauteur.
Les horaires peuvent inclure des interventions de nuit ou tôt le matin, quand les cinémas sont fermés. Si tu aimes les sensations fortes, que tu es rigoureux et que tu n’as pas peur de monter très haut, ce métier atypique peut être une vraie option.
5. Médecin légiste : bien payé, mais émotionnellement lourd
Le métier de médecin légiste
Le métier de médecin légiste intrigue autant qu’il fait peur. Ce spécialiste intervient au cœur des enquêtes judiciaires pour déterminer les causes de la mort ou analyser les blessures de victimes. Son travail passe par des autopsies, des examens médico-légaux, des rapports très précis et parfois des témoignages devant les tribunaux.
Il ne s’agit pas seulement de “travailler avec des corps” : le médecin légiste apporte une expertise scientifique indispensable pour la justice, que ce soit dans les affaires criminelles, les accidents, les agressions ou les catastrophes.
Salaire et conditions de travail
En début de carrière, un médecin légiste tourne autour de 2400 euros net par mois, avec une progression pouvant aller jusqu’à 6000–6600 euros mensuels après plusieurs années d’expérience. Les semaines peuvent monter à 48 heures ou plus, avec des gardes de nuit et des astreintes.
Le parcours de formation est long : environ 10 ans d’études de médecine, puis une spécialisation en médecine légale. Il faut aussi une vraie solidité mentale : voir la mort au quotidien, gérer des dossiers difficiles, rester professionnel face à des situations parfois choquantes.
Faut-il se tourner vers ces métiers bien payés que personne ne veut faire ?
Éboueur, plombier, démineur, nettoyeur d’écrans de cinéma, médecin légiste… Ces métiers bien payés n’apparaissent pas toujours dans les rêves d’orientation des lycéens, mais ils offrent une vraie stabilité, une rémunération correcte voire élevée, et souvent un sentiment d’utilité sociale.
Si tu cherches une voie différente, que tu es prêt à accepter la pénibilité, le stress ou le côté “pas glamour” du travail, ces métiers bien payés que personne ne veut faire peuvent devenir des plans de carrière très sérieux. La clé, c’est de bien te renseigner sur les formations, les conditions réelles et les possibilités d’évolution… et de ne pas te laisser freiner uniquement par les clichés.
















