Une mesure déjà testée… mais loin d’être simple
Depuis 2018, le portable est interdit de la maternelle au collège. Pourtant, l’application reste complexe. Le dispositif « portable en pause », lancé en 2025, impose aux collégiens de ranger leur smartphone dans une pochette verrouillée ou dans un casier. Mais selon plusieurs enquêtes de terrain, seuls quelques établissements l’ont réellement mis en place.
Étendre cette règle au lycée représente donc un défi plus ambitieux. Les lycéens sont plus autonomes, circulent librement dans l’établissement et utilisent souvent leur téléphone pour s’organiser : transports, appels familiaux ou accès à leur environnement numérique de travail.
Ce que prévoit l’interdiction au lycée
Concrètement, le gouvernement souhaite interdire l’usage du portable dans l’ensemble du lycée, y compris les couloirs et la cour. Les modalités seront laissées aux chefs d’établissement, qui pourront choisir entre :
- des casiers individuels ;
- des pochettes magnétiques scellées ;
- des zones ou moments dédiés où les téléphones sont récupérés.
Réactions des lycéens
Les premiers concernés ne sont pas tous enthousiastes. Certains estiment qu’empêcher l’usage en classe est logique, mais que bannir le portable dans la cour est excessif.
| Ce que disent les élèves | Leur avis |
|---|---|
| « Pas de téléphone pendant dix heures ? Impossible. » | Rejet fort de la mesure |
| « En classe, OK. Mais dans la cour, c’est trop. » | Accord partiel |
| « Certains se sentent seuls sans téléphone. » | Crainte d’isolement |
La parole présidentielle
Pour Emmanuel Macron, l’objectif est clair : faire du lycée un lieu d’apprentissage et d’échanges plus serein. Le président n’a pas caché sa volonté d’aller vite.
« Le lycée, c’est le lieu où vous apprenez, et c’est le lieu où vous échangez. Il est temps d’étendre la mesure », a-t-il déclaré devant des lecteurs de la presse régionale.
Les défis de l’application
Les syndicats de proviseurs restent sceptiques. Beaucoup rappellent les difficultés déjà rencontrées au collège : manque de surveillants, matériels coûteux, et élèves parfois peu coopératifs. Une proviseure évoque même une mesure « impossible à appliquer sans moyens humains renforcés ».
Dans un lycée de 1 200 élèves, seulement quelques surveillants sont disponibles chaque jour. Le contrôle systématique à l’entrée semble donc peu réaliste. De plus, dans certains établissements, les enseignants utilisent déjà les smartphones comme outils pédagogiques ponctuels : recherches en ligne, participation à des quiz interactifs ou accès aux ressources numériques.
Pourquoi cette interdiction maintenant ?
Le gouvernement met en avant plusieurs motivations :
- protéger la santé mentale des adolescents ;
- réduire les risques de cyberharcèlement ;
- diminuer la distraction en classe ;
- rétablir plus d’interactions sociales directes.
L’annonce intervient aussi alors que l’exécutif souhaite renforcer la lutte contre les contenus dangereux sur les réseaux sociaux. Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de bloquer plus facilement des informations diffamatoires ou manipulées publiées en ligne.
Un débat qui ne fait que commencer
L’interdiction du portable au lycée soulève de nombreuses questions : comment garantir le respect de la règle ? Comment éviter que les casiers soient volés ou endommagés ? Comment concilier besoins familiaux et règles strictes ?
Dans les prochains mois, le ministère de l’Éducation nationale devra préciser les modalités, consulter les syndicats et définir les moyens accordés aux établissements. Une chose est sûre : cette décision fait déjà partie des sujets les plus discutés dans les lycées et sur les réseaux sociaux.
















