C’est officiel : la loi pour bloquer les réseaux sociaux aux mineurs est adoptée

Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, l’Assemblée nationale a voté la loi pour interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Un texte choc qui veut marquer la fin du « scroll infini » pour les plus jeunes dès la rentrée prochaine.
bloquer reseaux sociaux

TikTok, Insta, Snap : le grand blocage arrive en septembre

C’est une petite révolution numérique qui vient de s’opérer au Palais Bourbon. Par 116 voix contre 23, les députés ont validé l’article phare de la proposition de loi portée par Laure Miller (Renaissance). Le message est clair : l’accès aux plateformes comme TikTok, Instagram ou Snapchat sera désormais proscrit pour toute personne n’ayant pas atteint la majorité numérique de 15 ans, sauf accord explicite des parents.

Le Président Emmanuel Macron a immédiatement salué une « étape majeure », affirmant que le cerveau de nos enfants « n’est pas à vendre » aux algorithmes. Pour les autorités, il s’agit de protéger les mineurs contre le cyberharcèlement, les contenus violents et les effets psychologiques néfastes documentés par de nombreux rapports récents. La liste précise des plateformes concernées sera fixée par décret après avis de l’Arcom.

Fin des téléphones portables au lycée : le calme après le collège ?

Le texte ne s’arrête pas aux frontières du virtuel. Les députés ont également voté une extension de l’interdiction des téléphones portables dans l’enceinte des lycées. Jusqu’ici limitée aux écoles et collèges, cette « pause numérique » s’invite désormais chez les plus grands. Concrètement, le règlement intérieur de chaque établissement devra fixer les conditions d’utilisation.

À défaut de précisions dans le règlement, l’usage sera strictement interdit pendant les cours et dans les couloirs. Les lycéens pourraient néanmoins bénéficier de zones spécifiques, comme une partie de la cour, pour consulter leur smartphone. L’idée est de favoriser la concentration et de limiter les tensions liées aux réseaux sociaux au sein même des établissements scolaires.

Comment l’État va-t-il vérifier votre âge ?

C’est la question que tout le monde se pose : comment empêcher un ado de 14 ans de mentir sur sa date de naissance ? Le gouvernement mise sur un système de « double anonymat » pour éviter que les plateformes ne récupèrent vos documents d’identité. Deux pistes sont privilégiées : la vérification via une pièce d’identité (avec selfie de contrôle) ou l’estimation de l’âge par intelligence artificielle (analyse des traits du visage).

L’application France Identité pourrait devenir l’outil central de ce dispositif. En agissant comme un « tiers de confiance », elle confirmerait l’âge à la plateforme sans lui transmettre votre nom ou votre photo. Les réseaux sociaux qui ne joueraient pas le jeu risquent gros : des amendes pouvant grimper jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires mondial. Une menace suffisante pour faire plier les géants du Web ?

Les émotions de nos enfants ne sont pas à vendre ou à manipuler par les plateformes américaines ou les algorithmes chinois.

Une loi « liberticide » ou une protection nécessaire ?

Si le texte a reçu un large soutien (du camp gouvernemental au RN, en passant par les socialistes), il ne fait pas l’unanimité. Chez les Insoumis, on dénonce une loi « liberticide » et complexe à appliquer. Certains experts craignent que les jeunes les plus technophiles ne contournent facilement ces barrières via des VPN ou en créant des comptes à l’étranger.

Nosing Doeuk, spécialiste de la transformation numérique, souligne dans les colonnes de CNEWS que l’interdiction seule ne suffira pas. Pour lui, il est urgent d’éduquer les jeunes et les parents aux usages du numérique plutôt que de simplement fermer la porte. La loi prévoit d’ailleurs un renforcement de la sensibilisation au numérique dès le plus jeune âge.

Le calendrier de l’interdiction :

  • Mi-février 2026 : Examen du texte au Sénat.
  • 1er septembre 2026 : Entrée en vigueur prévue pour les nouveaux comptes.
  • 1er janvier 2027 : Obligation de vérification pour tous les comptes existants.

Après l’Australie, la France est en passe de devenir l’un des pays les plus restrictifs au monde sur le sujet. Le combat se déplace maintenant sur le terrain technique et européen, où Paris devra prouver que sa loi est compatible avec le règlement européen sur les services numériques (DSA). On vous tient au courant de la suite dès le passage au Sénat !

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