Master Poulet contre Karim Bouamrane : l’escalade des tensions à Saint-Ouen

Entre opérations coups de poing, pots de fleurs malodorants et punchlines sur TikTok, le conflit entre Master Poulet et la mairie de Saint-Ouen est devenu la télénovela que personne n’avait vu venir. On vous résume la bataille de l’année.
master poulet karim

Le poulet de la discorde : une ouverture sous haute tension

Tout commence le 11 avril 2026. La célèbre chaîne de restauration rapide, spécialisée dans la street food, pose ses valises à deux pas de la station de métro Mairie de Saint-Ouen. Leur concept ? Du poulet braisé, des portions XXL de riz ou d’alloco, pour un ticket moyen inférieur à 11 euros.

Forcément, chez les jeunes, la recette fait un carton immédiat. Mais le succès populaire ne suffit pas à calmer l’administration. Dès l’ouverture, les relations avec la municipalité tournent au vinaigre. La ville accuse l’établissement d’avoir ouvert sans autorisation préalable et d’occuper illégalement l’espace public.

Le gérant de l’enseigne, halluciné par la réaction de la mairie, dénonce un abus de pouvoir. Il affirme avoir subi pas moins de 14 interventions de la police municipale en l’espace de trois jours, sans oublier un contrôle d’hygiène express tombé du ciel.

« Ce genre d’enseigne va à l’encontre de notre projet de commerces de qualité. La malbouffe n’a pas sa place à Saint-Ouen », assume ouvertement l’entourage du maire socialiste Karim Bouamrane dans la presse.

Béton, clashs et tribunaux : l’escalade

Le 14 avril, la guerre froide devient une guerre de tranchées. Faute de pouvoir fermer administrativement le commerce sur-le-champ, la mairie emploie la méthode forte. Des agents municipaux installent d’énormes blocs de béton brut d’un mètre soixante de haut directement devant les portes du fast-food.

L’accès est totalement bloqué pour les clients. Loin de se laisser intimider, Master Poulet dégaine les armes de communication massive. Le restaurant recouvre sa vitrine de banderoles agressives ciblant directement l’équipe municipale :

  • « Comment les mairies attribuent-elles les locaux ? »
  • « #MasterPoulet contre la corruption »

Piquée au vif, la mairie de Saint-Ouen annonce dans la foulée porter plainte pour diffamation. Mais sur le plan administratif, c’est l’enseigne qui marque le premier point. Saisi en référé, le tribunal administratif de Montreuil ordonne le retrait des blocs de béton sous 48 heures, jugeant la mesure totalement illégale.

Palmiers, odeurs suspectes et « télénovela » sur les réseaux

Mercredi 22 avril, c’est le jour de gloire pour le roi du poulet. Un camion-grue embarque les fameux blocs. Master Poulet rouvre ses portes et affiche fièrement une nouvelle provocation : « N’en déplaise à Karim… Nous sommes ouverts et refusons d’augmenter nos prix ! ».

Sur les réseaux sociaux, notamment sur X et TikTok, l’affaire devient virale. Les internautes choisissent leur camp et commentent chaque rebondissement. Karim Bouamrane, très à l’aise sur internet, publie une vidéo ironique où il passe devant la boutique, lâchant un « Bien joué Master Poulet, rendez-vous au prochain épisode ».

Une promesse tenue à peine 24 heures plus tard. Dès le vendredi, la ville contre-attaque en installant de gigantesques pots de fleurs orange vif, garnis de palmiers, pile devant la devanture. Une décoration au goût douteux, d’autant que l’avocat du fast-food affirme publiquement que ces bacs dégagent « une odeur d’excréments » insoutenable.

Le vrai débat : qualité de vie ou mépris de classe ?

Si la forme prête à sourire, le fond de cette affaire révèle de vraies fractures au sein de la gestion urbaine en Seine-Saint-Denis. Pour le maire de Saint-Ouen, il s’agit d’une question de respect de la loi. Il pointe du doigt les dérives de l’enseigne :

  • Le non-respect strict du règlement de copropriété.
  • Des nuisances sonores et olfactives rendant la vie invivable pour les riverains.
  • Une prolifération toxique d’enseignes de « junk food » qui visent les jeunes des quartiers populaires.

Face à lui, la députée La France Insoumise (LFI) Nadège Abomangoli voit rouge. Pour l’élue, ce bras de fer n’est que l’illustration d’une violence institutionnelle assumée. Elle dénonce un acharnement « lunaire » et fustige une politique qui exclurait les classes populaires du centre-ville.

« La mairie est tellement en mission gentrification… Cet acharnement est teinté de racisme et de mépris de classe », a fustigé la députée LFI.

Une rhétorique balayée d’un revers de manche par le maire, qui rétorque : « La gentrification, c’est refuser que nos enfants mangent mieux ? ». L’enseigne, de son côté, n’en est pas à son coup d’essai. Elle a déjà collectionné les ennuis avec les municipalités de Châtillon, d’Asnières-sur-Seine ou du 12e arrondissement de Paris, souvent pour des travaux sauvages ou des horaires d’ouverture abusifs.

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